Traces de vie et transmission : deux réalités complémentaires

Aux origines des mots
Le mot « trace » vient du latin trahere, qui signifie « tirer » ou « traîner ». À l’origine, il désigne la marque laissée par un passage. Avec le temps, son sens s’est élargi pour évoquer tout empreinte, visible ou non, qui témoigne d’une présence ou d’un vécu. Une trace est donc ce qui demeure après nous, dans les objets, les souvenirs, les relations ou encore dans la mémoire des personnes que nous avons rencontrées. L’expression « traces de vie » désigne alors les marques qu’une existence laisse derrière elle.
Le terme « transmettre » provient du latin transmittere, formé de trans (« au-delà ») et mittere (« envoyer »). Son sens premier renvoie à l’idée de faire parvenir quelque chose d’une personne à une autre. Mais l’étymologie évoque également la notion de passage et de traversée, soulignant que la transmission ne concerne pas uniquement ce qui est transmis, mais aussi le processus par lequel cette transmission s’opère.
Entre volonté de transmettre et traces involontaires
Si les notions de traces de vie et de transmission sont proches, elles ne se confondent pas. La transmission implique, généralement, une intention de faire passer quelque chose à autrui : un savoir, une expérience, une valeur, une histoire ou une manière d’être. Les traces de vie, quant à elles, sont plus larges. Elles renvoient à ce qui subsiste d’une existence, indépendamment d’une intention de transmettre. Un souvenir partagé par un∙e proche, une habitude familiale, une attitude marquante vécue durant l’enfance, un geste de solidarité ou encore une façon particulière de regarder le monde peuvent constituer des traces de vie.
En effet, si nous croisons de nombreuses personnes au cours de notre existence, certaines rencontres nous marquent davantage et influencent durablement notre manière de penser, d’agir ou de nous percevoir.
Autrement dit, nous transmettons certaines choses volontairement, tandis que d’autres nous survivent sans que nous ayons cherché à les transmettre. Ces traces continuent parfois d’influencer les comportements, les choix ou les souvenirs de notre entourage après notre mort.
Cette distinction est particulièrement importante lorsque l’on s’interroge sur ce qui demeure d’une existence. Tout n’est pas transmis au sens strict du terme, mais toute vie laisse des traces.
Pour aller plus loin :
ALVAREZ Céline, ANDRé Christophe, GUEGUEN Catherine, KOTSOU Ilios, et al. Transmettre : ce que nous nous apportons les uns les autres. Editions L’Iconoclaste, 2017.
DE GAULEJAC Vincent. L’Histoire en héritage. Roman familial et trajectoire sociale. Editions Desclée de Brouwer,1999.
MILLER BJ & BERGER Shoshana. A Beginner’s Guide to the End: practical advice for living life and facing death. Simon & Schuster Edition, 2019, chap 2 “Leave a Mark”.
PEPIN Charles. La rencontre, une philosophie. Editions Allary, 2021.
Liages/Mara Barreto/240626
© 2020 – Liages – dpo@solidaris.be







